Le 16/12/2014, Anne-Marie Besse nous écrit :
     La quinzaine du Narthex sur l’économie sociale et solidaire présente un grand intérêt et fait naître de multiples questions et c’est à son honneur. Je ne me hasarderais pas à poser des questions dans le domaine financier malgré l’intérêt des exposés, je me borne à regretter que des non initiés n’osent intervenir par crainte d’apparaître  ignorants.
Des questions ont été posées lors de l’exposé. En complément :
Le rapport entre l’action politique et l’ESS est une des plus fondamentales : Complémentaires ou non? La question de l’ESS réparatrice de l’économie capitaliste était déjà soulevée en Mai 68, sur le social infirmier des fonctionnements sociaux injustes
Les associations sont-elles pleinement rattachées au  secteur de l’économie solidaire ?  A quelles conditions ?
L’ESS a parfois un fonctionnement difficilement compatible avec la législation ou les fonctionnements institutionnels, la législation du travail par exemple est conçue pour des entreprises  à fort développement.
Les entreprises de l’ESS ou du secteur associatif sont parfois fragiles et le mode de gouvernance démocratique en  aggrave la fragilité, les formalités administratives même allégées pèsent lourdement sur  elles.
Le bénévolat est il véritablement compatible avec une économie capitaliste ?
On a beaucoup insisté sur les valeurs Quelle hiérarchie de ces valeurs ?
     • Justice sociale et équité
     • Respect des personnes et de leurs droits
     • Transparence et éthique
     • Démocratie


Monique Barrère écrit :

 

         A la suite de la dernière conférence, le hasard ( ?) a fait que deux textes concernant le thème du corps sont arrivés devant mes yeux, dans une dimension poétique, sensuelle, musicale, que je livre ici en écho.

Un extrait de « Magnus », roman de Sylvie Germain : une rencontre entre un ermite et le héros du livre, Magnus, qui a fui dans la solitude après bien des épreuves dans sa vie.

« … il (l’ermite) entre en somnolence. Sa tête dodeline, elle finit par basculer contre l’épaule de Magnus ; sa respiration s’altère, elle se fait à la fois plus sonore et alentie.

    Juste ce souffle montant avec lenteur, avec ampleur, des profondeurs du corps concentré à l’extrême non sur lui-même, mais sur l’oubli de soi - sur une excavation, un évidement de soi. Et ce souffle s’affine, il s’allège, il est doux et pénétrant comme le son d’un hautbois. Un soupir de lumière s’échappant de l’obscurité, un sourire vocal tintant discrètement dans l’air. Une exhalation de silence.

    Rien de plus, mais les deux hommes  sont si totalement abandonnés dans l’écoute de ce soupir et si unis dans cet abandon que Magnus en est bouleversé- ce chant grêle sourd de son propre corps autant que de celui de l’autre, il lui caresse la chair dessous la peau, flue dans son sang. Cette caresse ressentie au-dedans de son corps l’émeut, l’éblouit et l’abîme en lui-même plus puissamment qu’aucune caresse échangée dans l’amour. La très fugace étreinte vient de plus loin que tout ce qu’il connaît, elle est radicalement neuve - un rapt charnel et mental d’une délicatesse foudroyante. C’est la vie même qui l’étreint du dedans, et qu’il enlace par tous ses sens, d’un seul mouvement. »

 

Un extrait de « Vie, mort, résurrection » de Maurice Zundel.

« Quelle est l’essence de notre corps ? Qu’est-ce qui maintient notre identité depuis le sein maternel jusqu’à notre mort, depuis l’embryon jusqu’au vieillard ? Qu’est-ce qui assure notre présence au monde visible et nous permet de nous y manifester, si on fait la soustraction de tout ce qui est rigoureusement adapté à notre habitat terrestre et aux fonctions qui ont à s’y exercer pendant le temps où nous y demeurons ? Il y a une donnée extrêmement émouvante, c’est celle de notre voix, notre voix que l’on reconnaît quand on nous connaît,  notre voix qui s’annonce au téléphone : notre interlocuteur sait que c’est nous qu’il connaît. Notre voix possède sa propre musique, unique, si bien que, finalement, il y aurait pour nous une certaine musique fondamentale qui correspondrait à notre essence singulière. Aussi bien, lorsque nous sommes en présence de quelqu’un, ce  qui nous intéresse, c’est le mystère de sa présence. »

 

le 26/11/2013  monique.barrere@9online.fr


Pierre Gibert écrit :

Cette conférence était très intéressante. Elle présente le corps sous un aspect "moderne" à condition d'adhérer à un système de valeur que je respecte mais qui n'est pas le mien. Personnellement je pense que le corps est (aujourd'hui encore) le résultat d'une longue évolution faite d'adaptations successives à l'environnement par le jeu (pas toujours catholique) de la sélection naturelle où la sexualité  (pas toujours catholique non plus) a joué un très grand rôle. La négation de cette sexualité homme-femme à deux états différenciés (même en admettant que la reproduction comporte nécessairement des tâtonnements et des erreurs)  me parait comme un risque inacceptable pour les générations à venir .

merci pour les questions-réponses du site du Nartex .

 

le 11/11/2013   pierrenadette.gibert@neuf.fr

 

 

Marie-Thérèse Bertrand,

en prélude à la prochaine vidèo-conférence, nous adresse ce message :
     Voici un texte magnifique de Sagan. Elle décrit le grand Noureev s'entraînant sur la piste de danse d'un conservatoire miteux.

Extrait de « FRAGMENTS »   « NOUREEV »
par   FRANCOISE SAGAN

« Un après-midi, à Amsterdam, nous sommes allés le voir répéter. C’était un studio vert d’eau et marron, triste et sale, avec des glaces tachetées et un parquet criard, un studio comme tous les studios du monde. Il avait des lainages défraîchis et troués autour de son collant, un pick-up grinçait et balbutiait une musique de Bach. Il s’était arrêté en nous voyant, le temps de lancer une plaisanterie et de s’éponger. Je le vis essuyer sa nuque, tamponner son torse, son visage, avec les gestes un peu bourrus et curieusement détachés comme on voit les palefreniers panser leurs chevaux. Puis il fit remettre le disque au départ et, ayant ôté ses mitaines et ses lainages, il se rendit au centre de la salle, toujours souriant. La musique partit et il cessa de sourire, prit la pose, les bras écartés, et il se regarda dans la glace. Je n’avais jamais vu quelqu’un se regarder de la sorte. Les gens se regardent dans une glace avec effroi, complaisance ou gêne, timidité généralement, mais ils ne se regardent jamais comme des étrangers. Noureev observait son corps, sa tête, les mouvements de son cou avec une objectivité, une froideur bienveillante tout à fait nouvelle pour moi. Il s’élançait, il lançait son corps, décrivait une arabesque parfaite, il se retrouvait un genou à terre, les bras tendus dans une pose superbe : il avait accompli ce mouvement avec une vitesse et une grâce féline, il y avait dans la glace le reflet même de la virilité et de la grâce confondues en un seul corps. Et tout le temps de la répétition, alors que visiblement son corps subissait l’influence de la musique, s’en imprégnait, alors qu’il allait de plus en plus vite, de plus en plus haut, qu’il semblait emporté, par des dieux inconnus de tout le monde, dans des rêveries intérieures, il eut vers lui-même ce même regard, regard de maître au valet, regard du serviteur au maître, regard indéfinissable, exigeant, et parfois au bord de la tendresse. Il recommença deux fois, trois fois le même morceau, et chaque fois c’était différent et différemment beau. Puis la musique cessa, enfin il la fit cesser d’un de ces gestes parfaitement impérieux qu’ont les gens comblés par quelque chose d’autre que la vie quotidienne, et il revint vers nous en souriant, épongea avec les mêmes gestes discrets cet instrument en nage, tremblant, essoufflé qui lui tenait lieu de corps. Je commençais à comprendre vaguement ce qu’il entendait par le verbe « fulfil »…..
Mais si je devais chercher une définition à cet homme, ou plus exactement trouver une attitude qui le définisse à mes yeux, je ne trouverais rien de mieux que celle-ci : un homme à demi nu dans son collant, solitaire et beau, dressé sur la pointe de ses pieds, et contemplant dans un miroir terni, d’un regard méfiant et émerveillé, le reflet de son Art ».
(« Rudolf Noureev » ; ibidem).

 

le 11 nov 2013  julien.bertrand4@wanadoo.fr

 

 

Jean-Paul Bernié écrit :

      David Le Breton, face à diverses objections, a admis que les individus auxquels se référaient certains aspects de son analyse du corps (homosexuels, « transgenres », etc.) n’étaient qu’une petite minorité, ce qui semble exact. Mais alors, le caractère très minoritaire de ces comportements autorise-t-il la conclusion qu’il y a une transformation de l’image de l’homme, une autre anthropologie en voie d’émergence ?  Pur effet de lobbying, dit en substance une intervenante, se référant aux modèles véhiculés par le « mariage pour tous ».
Se focaliser sur deux phénomènes par ailleurs réels (le petit nombre de cas et le lobbyinig) revient en réalité à prendre les effets pour les causes. Les lobbies « pro mariage pour tous » ont pu se permettre de diffuser une image de l’homme et de la femme inspirée des versions radicales des théories du « gender » parce que quelque chose de profond a imperceptiblement glissé dans l’anthropologie sous-jacente aux représentations sociales, quelque chose que manifestent, dans la dispersion et un relatif silence, les tendances consistant à se réinventer un corps par des moyens divers.  Ce quelque chose, très minoritaire si l’on considère le nombre d’acteurs, mais très envahissant si l’on considère à la fois l’extension de la version individualiste des droits de l’homme et le rôle de l’image,  modifie la réceptivité de nos sociétés : n’importe qui peut définir son identité n’importe comment à travers les traitements qu’il impose à son propre corps,  indépendamment de toute « loi naturelle », pour reprendre un thème cher à Jean-Paul II.  La démonstration de Le Breton, là-dessus, est imparable.
Allons un peu plus loin : cela apparaît comme la rançon de principes de cohésion sociale auxquels il n’est plus possible de renoncer.  La tolérance et le respect nous incitent à retrouver du Même dans l’Autre ; et le nombre d’individus auxquels cela s’applique ne joue qu’un rôle mineur. Un exemple connu de beaucoup : le personnage de « Petit Cheval » dans le célèbre film « Little Big Man ». Au début, il a 12-13 ans, et de toute évidence, il n’entre pas dans le comportement standard des garçons Cheyenne. La tribu ne le pousse pas à se cacher. Il ne tente donc pas de se fabriquer un personnage « masculin », ce qu’il n’est pas. Il va plus loin : il affirme sa différence en adoptant dans tous les domaines de la vie un comportement « à l’envers » : quand il monte à cheval, c’est en tournant le dos à l’encolure de sa monture !  Sa différence est pointée, parfois moquée, mais elle ne produit pas d’exclusion. D. Le Breton a mentionné l’existence de multiples phénomènes de ce genre dans toutes les sociétés au cours de l‘histoire. On retrouve  « Petit Cheval » 20 ans plus tard, toujours efféminé, et occupant un rôle important dans la tribu : animateur des fêtes et des cérémonies. Respecté dans cette fonction, il n’a pas fait d’émules, il est toujours seul dans son cas. Mais le regard jeté sur lui est différent : les représentations des hommes et femmes de sa tribu ont changé ; la tolérance a secrété une sorte d’anthropologie diffuse, non verbalisée et partiellement inconsciente, qui  pousse ces Cheyennes à voir le monde hors des différenciations et dichotomies  traditionnelles.
Ici s’arrête le rapprochement : à l’époque du général Custer, il n’y a pas eu de projet de mariage pour tous chez les Cheyenne…
Les phénomènes sociaux sur lesquels nous nous focalisons sont pourtant de cet ordre là : les valeurs individualistes clairement montrées (et dénoncées) par D. Le Breton créent une sensibilité diffuse qui conduit à nier les exigences de toute « loi naturelle ». L’important n’est pas de savoir le nombre de cas, mais la prégnance des strates mises en vibration, ce qui est la condition du succès du lobbying.  Face à ces conséquences d’un individualisme débridé,  l’intelligence de notre monde consistera à dépister tout ce qui, dans le développement de la personne, être de relations, dépasse l’enfermement dans l’individualisme, dont Le Breton a clairement montré le caractère anxiogène et destructeur. Nous n’avons pas fini de suivre Mounier et Teilhard… ni, peut-être, le rapport au monde du Pape François.

 

le 9/11/213  jp.bernie@orange.fr

 

 

Paul Bernadou nous écrit :


      La conférence, extrêmement riche, du Pr David Le Breton m’inspire un questionnement d’ordre philosophique que les spécialistes en la matière pourront mieux qualifier… ou disqualifier.
D. Le Breton a présenté certaines conceptions du corps dans nos sociétés occidentales contemporaines, elles relèvent d’un corps objet ou instrument qui induisent un corps à : consommer, exploiter, sculpter, construire… La conception du corps est anthropologiquement reliée à celle de la société dans son entier. Comme nous l’a dit le conférencier, cette conception du corps va de pair avec une société qui privilégie l’individualisme par rapport au vivre ensemble, aboutissant à une société où l’on vit « côte à côte » mais pas ensemble. Ce type de société comporte des avantages référés au sentiment de liberté mais aussi des inconvénients, accroissement du sentiment de précarité et de mal être.
Ce constat a de profondes implications et rejoint celui qui avait motivé une rencontre en J. Habermas et J. Ratzinger invités à réfléchir sur les fondements moraux prépolitiques d’un état démocratique. Le but de la rencontre était de dégager les soubassements sur lesquels pouvait se fonder un projet commun de vivre ensemble pour éviter une société de simple cohabitation, de « côte à côte » qui a tendance à disqualifier une réflexion sur le bien commun au profit de la liberté des individus. L’épisode du « Mariage pour tous » en France donne une idée du rapport de forces développé à travers les leviers politique, juridique et médiatique entre idée du bien commun et revendication de liberté d’une minorité.
Je propose une piste de réflexion que nous pourrions approfondir. Cette société du « côte à côte » ne renverrait-elle pas à la croyance de la toute-puissance de l’esprit se croyant libéré du corps-prison (ce que D. Le Breton rapproche des courants gnostiques) ? Il faudrait alors l’opposer aux courants posant qu’il faut s’immerger dans le corps social pour pouvoir en parler. Ce choix –chercher l’intelligibilité par la mise à distance ou par l’immersion dans la réalité humaine du corps physique et social- n’est pas sans conséquence sur notre conception de l’homme, de son corps et de l’agir en société.
Je lirais volontiers le comportement de D. Le Breton comme une forme de ratification de ce questionnement. Après son étude sur le corps, il dit avoir pratiqué la marche de manière intensive et il note avec sa finesse d’anthropologue expérimenté que cette marche « inscrit la personne dans la finitude du corps » mais paradoxalement « favorise la contemplation », et suscite le « sentiment d’être vivant », non « dans un excès » mais « dans la présence ».

 

le 9/11/2013   paul.bernadou@orange.fr

 

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 Après la conférence du 16 novembre 2012 "Nourrir l'humanité : mission impossible ?"

 et celle du 18 nov 2012

 

André-Michel RICARD

1) Conférence de P. Chalmin : quel apport !
Une petite critique qui peut-être utile pour l'an prochain. La conférence est parfaitement enregistrée, mais lors de la discussion le micro n'a pas été donné à tous les intervenants et l'on n'entend pas bien, voire pas du tout, les questions. Les réponses de Chalmin éclairent mais c'est techniquement un peu dommage. Cela pourra être corrigè.

J'ai beaucoup appris ; surtout cela m'a permis d'approfondir, je l'espère, mes réflexions personnelles. Souvent je prends une position sur tel ou tel sujet mais en maquant de connaissance, de moyen (je ne me les donne pas, je ne vais pas au fond du problème). Je pense en particulier à la politique agricole commune et aux aides de l'Europe pour nos agriculteurs. Ici dans nos vallées il m'a semblé qu'ils ont reçu beaucoup. Mais les financements semblent avoir été détournés pour achat de tracteurs démesurés (alors qu'il n'y a plus d'activité où peu agricole dans nos montagnes), constructions de gites familiaux…. Je pense aussi aux Corses qui ont reçu proportionnellement à un énorme cheptel bovin qu'ils n'avaient pas. Tout cela est certainement le mauvais côté de cette politique mais l'on en oublie le côté positif le maintient du bon prix. Fin de l'exposé de Chalmin mais très important car dans cette fin du débat et pour résoudre le problème alimentaire, il place l'Homme au centre avec pour l'agriculteur un bon prix pour pouvoir vivre !

Je reprends au début : les crises alimentaires sont bien exposées avec les révoltes et l'éclairage qu'elles apportent sur les impératifs à venir pour nourrir le monde.
Est mise en avant la "pauvreté alimentaire". Bien que je sois conscient de la mal bouffe je ne voyais que la famine, certainement sensibilisé par les campagnes médiatiques.
En exposant les causes P. Chalmin éclaire parfaitement les notions de "marché", de "spéculation" nécessaires, apportant la liquidité (j'aimerais bien qu'il nous fasse un exposé plus approfondi sur l'économie de marché). Je crois que j'étais le premier à fustiger les spéculateurs en souvenir du prix des films radiologiques argentiques (je faisais de la radiologie en tant que rhumatologue). Les prix ont flambé du fait d'un ou deux spéculateurs sur l'argent dans le monde ! Je reconnais qu'il m'éclaire beaucoup et qu'il faut réfléchir, se documenter avant d'aborder tous ces problèmes.

J'aurai aimé poser la question de savoir comment l'on pouvait dire que la population se stabilisera dans le monde à 9 ou 10 milliards. Cela se fera dans les années 2060, 2070. Ou ai-je mal compris : ce sera le chiffre de la population à ce moment là, et, qu'elle peut encore augmenter. J'ai cru comprendre qu'en émergeant comme nos populations européennes la population arrive à se stabiliser.

Lorsqu'il en arrive aux solutions j'ai beaucoup appris sur la non possibilité d'accroitre les terres cultivables, le gain étant détruit par les pertes du fait de l'accroissement des villes (logique que je ne voyais pas), sur des terres arables !
J'ai été très heureux de voir qu'il balayait d'un grand coup de pied les anti-OGM. Médecin j'ai toujours perçu que les progrès de l'homme étaient passés par la biologie, la génétique… J'ai été un peu triste de voir que nos recherches médicales sur la cellule, cellule vivante aient été freinées. Bien sûr je suis conscient des problèmes éthiques que cela peut poser mais il ne peut y avoir de réponse négative ou positive en médecine et dans la vie. Je crois que la réponse est toujours mi teinte, réfléchie (donc avec des hommes compétents "intègres") avec bien sûr une part de risque, le risque de la vie.
Aussi heureux de l'entendre sur le BIO. Je pense à la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) qui a, au départ, été pulvérisée sur les vignes pour empêcher le vol des raisins et l'on s'est aperçu du bien fait de ce "traitement" contre le mildiou ! Rien de bio là dedans je pense. Comme m'a grand mère qui mettait de l'acide acétyl-salicilique dans les conserves de tomates pour mieux les conserver ! Rien de bio non plus et tout à l'avenant, la culture à l'ancienne n'était pas si bio que cela et je doute fort sur celle d'aujourd'hui. Mais la aussi, la réponse doit être mitigée, surtout à titre individuel. Pour nourrir la planète la réponse de Chalmin est non équivoque !
Cela me fait penser aussi à une autre chose non liée directement au problème mais aussi préoccupante : la pollution par l'homme ! Oui l'on doit faire attention à nos modes de vie, ne pas faire n'importe quoi sur notre planète. Mais lorsque je vois un volcan type Saint Hélène qui crache dans l'atmosphère son nuage et qu'il reste plusieurs années au tour de la terre cela donne à réfléchir…
Ce qui est au fond rassurant c'est qu'il faut faire confiance aux capacités de l'homme pour redynamiser les politiques agricoles, surtout leur financement, sans oublier que l'homme doit s'aider des nouvelles technologies.

2) Conférence de D. Vigne.
J'attendais beaucoup. Trop peut être. Un peu déçu. Premièrement par le rythme. Je pense que le sujet demandait d'être posé, mais là, D. Vigne y est allé un peu fort l'on s'endort un peu en l'écoutant surtout lorsqu'il aborde l'Eucharistie à proprement parlé. Le verbe est très très lent. La première partie sur le cannibalisme, l'anthropomorphisme, les critiques faites aux chrétiens est intéressante. Dans la deuxième partie j'ai eu grand plaisir et j'ai été "réveillée" lorsque j'ai entendu que l'Eucharistie était "communion, que l'on devait recevoir pour donner". Pour le reste j'ai pris du plaisir mais je me suis demandé ce qu'en aurait pensé un auditeur non croyant voire un chrétien non catholique. Je vais réécouter je crois que cela vaut la peine.

André-Michel

 

 

----------------------------------Questions à Ph. Chalmin par Bernard Préfol - dec 2010---------------------------------

"J'aimerais revenir sur la question du modèle de développement agricole propre à résoudre (?) le problème de la faim dans le monde. Après avoir renvoyé dos à dos, avec raison me semble-t-il, les modèles collectivistes (sovkhozes, kolkhozes, et autres ‘coopératives forcées’) et capitalistes (grandes exploitations à but hautement lucratif), vous avez chanté les louanges du modèle familial, caractérisé par un très fort lien homme-terre favorisant à la fois la recherche de productivité à court terme et les détours de production que sont les investissements sur l’exploitation. A condition, bien entendu, qu’on permette à ces petites exploitations de compter sur des prix à la production à peu près garantis. Et vous avez raison. Surtout quand on voit le succès du modèle français depuis 50 ans.

Cependant, le succès à la française s’explique aussi par un nombre très important d’autres facteurs. La maîtrise de l’eau en est un que vous n’avez pas du tout évoqué dans votre conférence. De même le conseil agricole, qui a joué un rôle capital en France. Et on pourrait aussi parler de l’environnement technologique, du crédit agricole, et de la relation extrêmement forte existant entre les Français et leur agriculture. Tous facteurs qui sont – presque – aussi déterminants que les prix garantis, et qui dépassent largement les capacités individuelles de l’exploitant familial moyen. C’est pourquoi, je voulais vous parler des expériences de partenariat public-privé qui commencent à voir le jour ici ou là dans le tiers-monde.

Loin d’y voir le retour des ‘concessions’ (mais il est vrai que j’ai maladroitement employé ce terme l’autre soir !) qui chassent les paysans de leurs terres et viennent extorquer la plus-value, il s’agit plutôt de ‘lotissements de production agricole’, un peu dans le style des ‘paysannats’ d’antan (Maroc, Tunisie, Cameroun, Rwanda, Burundi,…) qui donnent aux unités familiales présentes (exemple : la SAED au Sénégal, ou l’Office du Niger au Mali), ou invitées à rejoindre le projet (exemple : la ‘deuxième vallée du Nil’ en Egypte) l’environnement favorable au développement de leur production : d’abord et surtout équipement à l’irrigation (indispensable pour doubler la production mondiale d’ici 2050), mais aussi conseil, crédit, etc. Le paysan libre sur un marché libre, même avec des prix à peu près garantis, n’est jamais qu’un mouton libre dans une bergerie libre ouverte aux loups libres ! Le partenariat public-privé consiste donc pour les états en une ‘délégation de service public’ auprès d’entreprises privées spécialisées de la conception, du financement, de la réalisation, et souvent de l’exploitation, de grands complexes de production agricole, principalement hydro-agricoles, où la production est le fait de paysans traditionnels que l’on accompagne dans leur développement."

 

 

 

-----------------------------------------------Denis et Christine Vignes - 12 dec 2010---------------------------------------------

A l’heure où, sous la pression des peuples et des experts indépendants, le monde entier essaye d’enrayer la propagation d’une pollution génétique incontrôlable. A l’heure où même le FMI sait condamner la spéculation sur la nourriture.
Le Narthex-65 a enfin trouvé le sauveur de l’agrobusiness OGM et de la spéculation financière!
Malheureusement pour ceux qui pouvaient avoir un avis différent, M Chalmin utilise comme son ami Sarkozy la technique dite d’une “provocation à la minute” rendant toute tentative de réponse structurée et étayée impossible.
Quelques exemples de propos à l’emporte pièce de M Chalmin:
- 24m00s: décroissance = angoisse
- 26m03s: “nous sommes tous des spéculateurs”
- 29m47s: marché agricole = spéculation
- 30m14s: “les spéculateurs ne sont pas méchannnnnnnt... ce sont eux qui gèrent vos pepettes, vos retraites”
- 31m16s: le marché est la nature, l’homme ne peut rien faire “la spéculation c’est l’écume de la vague”
- 33m42s “critiquer les spéculateur c’est idiot.....heureusement que les marchés ont flambé....çà a contribué à ce que le Narthex65 m’invite”
- 35m11: en 2008 le Riz a flambé sans spéculation!
- 41m30: la FAO n’est pas sérieuse “...rare domaine ou la FAO peut être fiable”
- 54m33: OGM: “l’homme a toujours manipulé le vivant”
- 55m08: “tout les médicaments sont issus des biotech”
Cela dure deux heures dix... nous vous laissons réécouter la conférence et juger par vous même.
Même les experts de la FAO déclarait dès 2007 que le BIO était une bonne solution. Hé bien non! “le BIO c’est une escroquerie! (1h06m57s)”
Nous qui pensions bêtement que la solution la plus raisonnable à la faim dans le monde, c’est de relocaliser l’économie et surtout l’agriculture, utiliser des systèmes agroécologiques économes en ressource naturelle, qui donnent du travail aux hommes, qui permettent aux fermes d’être autosuffisantes avec des semences paysannes adaptées à leurs terroirs, une agriculture de polyculture élevage qui ne pollue pas et redonne la souveraineté alimentaire aux pays concernés. Nous qui pensions que nos exportations subventionnées ravageaient leurs équilibres...
Nos amis du CCFD qui luttent depuis 50ans sur ce sujet apprécieront la finesse des solutions proposées par Chalmin.
Pour résumer la pensé de Chalmin:
(1) Ultralibéralisme à fond car c’est la “nature” on ne peut rien y faire
(2) OGM à fond car c’est la nature et l’homme se doit de tout bricoler qu’importe les risques, les suivants se débrouilleront bien
(3) L’éthique, la moralité c’est totalement hors sujet
(4) Des politiques agricoles (notez la légère contradiction avec le point 1) mais financées par des milliardaires super sympa. (alors ça doit passer je suppose)
Il nous explique aussi Borlo est un homme dangereux, que Bové travaille pour Monsanto et que Kosciusko-Morizet est une “gentilllllllle” distributrice de miel Bio qui veut “brûler” des livres.
Les OGM étant pour lui LA solution:
-54m33s: “l’homme a toujours manipulé le vivant” mais Chalmin ne précise pas qu’une légère adaptation d’une plante et de son environnement sur 200ans n’a rien à voir avec une manip brutale en labo qu’on envoie dans la nature. Qui payera la casse selon vous? les milliardaires ou les états et les peuples.
-55m08s: “tous les médicaments sont issues des biotechnologies” mais Chalmin ne précise pas que cela concerne en réalité 30% et qu’on ne consomme pas l’OGM mais ce que produit l’OGM. Il ne précise pas non plus que cela se fait en labo confiné et contrôlé, il oublie juste qu’aucun faucheur volontaire n’est contre cette aplication des OGM strictement contrôlé et utile à la société.
-56m10s: “le potentiel des biotech est considérable” Mais Chalmin oublie de dire qu’il s’agit de promesse de marchand, le même genre de promesse que faisait en 1974 ceux qui ont décidé la fleur au fusil de construire des centrales nucléaire partout en nous disant: “on vous promet qu’on aura bientôt la solution aux déchets nucléaires. Cette génération d’enthousiaste est morte ou à la retraite, et les déchets de 200000ans sont pour les suivants....
-56m24s: “répondre au stress hydrique” mais Chalmin ne précise pas que les cactus existent déjà et que faire pousser du mais sans eau est bien plus compliqué que transformer le plomb en or.
-56m35s: “capter l’azote de l’air” j'espère que vous suivez et que vous avez compris qu’il s’agit de “promesse”
-56:42s: “moins de phytosanitaire” mais Chalmin ne précise pas que seul les vendeurs de phytosanitaires font des OGM et que partout où se sont develloppés des OGM ils ont partout multiplié les doses de phyto dans des proportions affolantes. 99% des OGM sur Terre sont des plantes qui surproduise des insecticides ou capable de boire des doses flles d’herbicides sans en mourrir.
Sûr que sans les faucheurs volontaires, les libéraux nous aurait déjà délivré de la faim dans le monde.
Le Narthex conclura même sa conférence par: “(c’est) la douche (la) plus salutaire …/... que nous ayons reçu sur un certains nombres de nos idées (et) de nos représentations préconçues …/... notamment sur la manière qu’on a de mélanger questions éthiques et économiques”
Nous qui pensions que l’éthique c’est ce qui fait de nous des Hommes et que l’économie doit être à son service. Que c’était juste à la base de la religion Chrétienne;
“L'Ancien Testament contient de nombreux jugements et prescriptions économiques. Il ordonne l'absence de propriété perpétuelle sur la Terre et instaure une redistribution périodique. Il interdit les prêts à intérêt, et enfin il hiérarchise selon leur honneur les activités économiques, faisant de l'agriculture la première et du commerce la dernière.”
“le Nouveau Testament prévient aussi contre les tentations matérielles liées à l'accumulation et à l'utilisation superflue des richesses. Il insiste sur une répartition équitable des biens”
La projection du film “SuperSizeMe” programmé par le Narthex étant probablement là pour appuyer le propos de M Chalmin: “le BIO c’est Gentilllllllllllll.... le BIO c’est Rigoloooooooooo... mais c’est pas sérieux” et lui il est sérieux, il a l’estrade, le micro, 2h de parole sur 2h10, le costume et la bénédiction du Narthex65. Il nous a bien douché çà c’est sur!
Denis & Christine Vignes
Faucheurs Volontaires
Paysans à Laloubère